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LIVRES SUR L'ALGERIE
Site sur la littérature maghrébine : LIMAG
LENFANT FOU DE LARBRE CREUX
Auteur : Boualem Sansal
Collection : Collection «Blanche»
Nombre de pages : 301 - Année : 2000
Editeur : Editions Gallimard«Dans le sinistre bagne de Lambèse, en Algérie, de nos jours, deux détenus condamnés à mort dialoguent : un Français, Pierre Chaumet, et un Algérien, Farid.
Pierre est né en 1957 à Vialar (aujourdhui Tissemsilt). Revenu clandestinement en Algérie afin de retrouver sa mère, qui la abandonné à la naissance, il a découvert un pays qui nen finit pas de vivre avec des fantômes. Il a découvert surtout, des vérités dangereuses sur certains aspects de la guerre dIndépendance. Farid, lui, a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés.Pendant que Pierre et Farid discutent de la vie et de lAlgérie, une commission internationale des droits de lhomme sapprête à visiter le pénitencier. Ladministration de Lambèse est sur les dents... [...]
Boualem Sansal est haut fonctionnaire. Il signe là son deuxième roman.»[4e de couverture] - Ce titre est toujours en lice pour le prix Médicis 2000, à lissu de la deuxième sélection.
Frantz Fanon :
Les Editions du Seuil publient le livre de la psychiatre et psychanalyste Alice Cherki, "Frantz Fanon, portrait ".
Un témoignage précieux sur la vie de ce psychiatre d'origine antillaise, engagé dans la lutte pour l'indépendance algérienne, et que beaucoup ont mal compris. Alice Cherki remet les pendules à l'heure.
D'origine martiquinaise, Frantz fanon sera inhumé en terre algérienne en décembre 1961. Psychiatre moderne, homme de plume, militant anticolonialiste, il s'engage dans la lutte pour l'indépendance algérienne de 1955 à 1961. Ce " rassembleur ", qui avait une passion pour ce qui lie les hommes entre eux malgré leur différence, marquera son temps d'une présence indélébile. Ces livres soulèvent des tollé, et l'homme dérange autant qu'il séduit. Emporté par une leucémie à 36 ans, il aura juste le temps de terminer "Les Damnés de la terre". Le livre, préfacé par Sartre, fut interdit en France dès sa sortie. Le texte, qui s'adresse aux colonisés, soulève polémiques, louanges, critiques. Alice Cherki, qui a travaillé avec le psychiatre avant de connaître l'homme, dresse un portrait passionnant de cet homme au parcours hors normes et à la personnalité atypique : "On disait qu'il était noir, qu'il venait des Antilles. C'était sûrement vrai, mais je ne l'avais pas vu, attentive à l'éclat des yeux liquides, d'un marron transparent, au mouvement d'un corps élégamment vêtu, à une voix ardente et surtout à ce que disait cette voix sur la peur, sur l'angoisse", raconte -t-elle au souvenir de leur première rencontre.
"L'éveilleur des consciences" Fanon hypnotise, de Simone de Beauvoir à Sartre, en passant par le jeune Bouteflika. Fanon dérange : en 1953, son livre "Peau noire, masques blancs", né de sa rencontre avec la société française majoritairement blanche et de son expérience de noir minoritaire, est mal perçu. Provocateur, Fanon est surtout novateur, et explore des thèmes sur lesquels les Noirs n'étaient pas censés réfléchir à l'époque. L'histoire de Fanon commence avec des déceptions. Ce sera la seconde guerre mondiale : parti se battre pour un idéal, il sera confronté à "la discrimination ethnique, à des nationalismes au petit pied". Puis, une fois psychiatre, la rencontre douloureuse avec une Algérie subissant le racisme ordinaire des "Européens", racisme qui n'épargne pas le milieu universitaire et encore moins le milieu psychiatrique dans lequel se retrouve plongé Fanon. La ségrégation existe à l'intérieur de l'Hôpital Psychiatrique de Blida (HPB) dans lequel débarque Fanon avec des idées bien trop révolutionnaires pour l'époque et le lieu. Malgré l'hostilité affichée de ses collègues, Fanon appliquera ses méthodes visant à rendre à l'asile son caractère humain, emmenant dans son sillage le personnel algérien jusque là totalement déconsidéré.
Penseur panafricain C'est presque naturellement qu'il est contacté par le Front de Libération Nationale algérienne, avec lequel il va collaborer jusqu'à sa mort, devenant le représentant de l'Algérie en guerre à l'étranger. Observateur soucieux des premières indépendances africaines, il prônera sans relâche la solidarité et l'unité africaine : "Chaque Africain doit se sentir engagé concrètement, et doit pouvoir répondre physiquement à l'appel de tel ou tel territoire… Il importe de ne pas isoler le combat national du combat africain." Avec pudeur, tendresse et compréhension, Alice Cherki nous offre ce qu'elle appelle cliniquement "un témoignage distancié". Mais c'est bien plus que cela. Ce portrait permet au lecteur d'aller à la rencontre d'un homme dont on a souvent mal compris les textes et les idées et que la jeune génération ne connaît pas forcément.
Alice Cherki a bien connu Frantz Fanon, travaillé à ses côtés, en Algérie et en Tunisie, dans son service psychiatrique, et partagé son engagement politique durant la guerre d'Algérie. Elle nous apporte son témoignage distancié sur un Fanon éveilleur de consciences, généreux sans concessions, habité par le sentiment tragique de la vie et par un espoir obstiné en l'Homme.
Alice Cherki. Née à Alger d'une famille juive, elle a participé activement à la lutte pour l'indépendance. Psychiatre et psychanalyste, elle est coauteur de deux ouvrages, "Retour à Lacan?" (Fayard, 1981) et "Les juifs d'Algérie" (Éditions du Scribe, 1987). Elle a publié plusieurs articles portant sur les enjeux psychiques des silences de l'Histoire.
Le secret du Targui blanc de Jacques GOHIER
Hachette jeunesse / Le livre de poche jeunesse – 26F – 189p
Jean-Pierre découvre l’Algérie avec son copain Ali qui l’a invité dans sa famille pour les vacances. Mais pour Jean-Pierre l’Algérie détient encore bien des mystères, ceux de son grand-père dont il porte le prénom, disparu sans que son corps ne soit jamais retrouvé au cours d’une équipée dans le désert en 1954. Le jeune garçon s’attend à passer des vacances paisibles mais bien des aventures l’attendent et bien des révélations aussi….
Saïd et Pilule de Daniel ZIMMERMANN
Hachette jeunesse / Le livre de poche jeunesse – 28F – 219p
Dans la France des années 60, Saïd et Pilule sont d’inséparables copains, faisant équipe au travail (ils sont ouvriers chez le même maçon ) tout comme au foot. Seulement, Saïd est algérien et Pilule français et dans ces temps troublés de la guerre d'Algérie, ce n'est pas évident de rester amis. L’un et l’autre devront s’engager et choisir leur camp, pourtant, ils se jurent de s'épargner s'ils devaient se retrouver un jour face à face l'arme à la main… Mais parviendront-ils à respecter leur parole ? - Un bon roman mettant en scènes de jeunes adultes face à la prise de conscience qu’imposent les conflits armés et les exactions qui sont commises en leur nom.
Un été algérien de Jean-Paul NOZIERE
Gallimard jeunesse / Folio junior – 28F – 143pCet été-là aurait pu être un été comme tous ceux que Paul et Salim ont passé dans la ferme Barine à quelques kilomètres de Sétif, dans une Algérie encore française. Seulement cet été-là verra la fin de l’amitié qui liait les deux garçons, le fils du propriétaire de la ferme et le fils de fellah, pourtant élevés et instruits ensemble. Mais Paul et Sélim devront choisir leur camp, celui de leurs parents, et se retrouveront pris malgré eux dans la tourmente de l’Histoire, de leur histoire…
…et puis je suis parti d’Oran de Lucien-Guy TOUATI
Flammarion / Castor poche senior – 30F – 220p.lecteur moyenLucien est un adolescent comme les autres. La guerre dure depuis sept ans mais elle est pour lui comme un décor qui n'empêche pas ses rêves, ses amitiés ni ses doutes d'adolescent. Pourtant, en six mois, sa vie bascule et il se retrouvera sur le pont d'un navire qui l'emmène vers la France.
Un enfant dans la guerre de Saïd FERDI
Seuil / Point roman – 39F – 158p.1958. Un garçon de 14 ans est enlevé à sa famille sur le chemin de l’école par l’armée française. Torturé, retenu prisonnier pendant quatre ans, puis enlevé à son pays, Saïd Ferdi vit depuis en France. Il raconte la guerre telle qu’il l’a lui même vécue, ses horreurs, ses supplices et ses injustices. Et même s’il a perdu toutes illusions, son récit reste objectif, sans haine. Sa portée et sa valeur n’en est que plus grande.
Le fils du pauvre de Mouloud FERAOUN
Seuil / Point roman – 39F – 145pLa dure réalité des paysans kabyles dans un petit village rural de montagne vue a travers les yeux d’un enfant. Cet enfant fut à peu de choses près l’enfance de l’auteur lui-même, déchiré entre l’envie d’apprendre et de progresser dans la société et la peur de renier et d’oublier d’où il vient.
L’Oasis de Xavier-Laurent PETIT
L’école des loisirs / Médium – 56F – 205pElmir est un jeune collégien d'Alger qui vit comme les autres une vie normale. Mais depuis que les "combattants de l'ombre" sont là, la terreur règne : attentats, assassinats, couvre-feu. La vie d'Emir bascule : son père journaliste, devient rédacteur en chef depuis que le précédant a été assassiné, la bibliothèque où travaille sa mère a été incendiée et son meilleur ami soutiens les intégristes.
Dakia, fille d’Alger de Dakia
Flammarion / Castor poche seniorComment étudier alors que votre vie est sans cesse menacée par des attentats aveugles ? Comment continuer à espérer alors que votre soeur doit quitter précipitamment le pays et que vos parents vivent dans la clandestinité et doivent changer de maisons chaque soir ? Voici le témoignage de Dakia, collégienne à Algérie, musulmane, prise dans la tourmente de l'Histoire de son pays...
La jeune fille au balcon de Leïla SEBBAR
Seuil / Fiction – 66F – 148pSix nouvelles qui parlent de l'Algérie d'aujourd'hui. Un livre pour comprendre, un livre pour éviter les clichés, pour faire renaître une mémoire.
Le voyage clandestin de Loïc BARRIERE
Seuil / Fiction – 66F – 182p.Adel, vingt ans, veut échapper à la pauvreté d'Alger : il ne veut pas être docker toute sa vie comme son père. Commence alors les errances de l'émigré clandestin, les petits boulots, la peur d'être pris puis reconduit à la frontière et la misère qui est, elle aussi, bien présente en France…
Alain-Gérard Slama:
'la Guerre d'Algérie. Histoire d'une déchirure'.
Découvertes, Gallimard. 176 pages, 87 francs.28 Janvier 97 - Histoire franco-algérienne - Une déchirure de 132 ans
"QUELLE bonne idée d'avoir rassemblé dans une plaquette un récit de la guerre d'Algérie, photos et documents, dont certains sont indispensables à la compréhension de ces événements. C'est le cas, par exemple, d'un extrait des reportages d'Albert Camus dans 'Alger républicain', en juin 1939, du manifeste de février 1943, de la proclamation du FLN en 1954 et de la plate-forme de la Soummam en 1956, d'un extrait de 'la Question' d'Henri Alleg, de l'Appel des 121 et des dernières instructions de De Gaulle à son ministre Robert Buron à Evian, à la veille de la signature des accords mettant fin à cette guerre. On peut regretter quelques oublis.
Ainsi, le rôle de l'armée durant un siècle est présenté de façon plutôt positive, soutenant les Algériens contre les colons. C'est faire l'impasse sur Bugeaud proclamant qu'il faut installer les colons là où il y a de bonnes terres. De même, la publication du rapport Tubert sur les massacres de Sétif en mai 1945 aurait pu se compléter des textes rendus publics par l'armée de terre avec les rapports des généraux commandant cette région.
On discutera l'avant-propos, qui décrit 'deux communautés qui n'ont pas appris à vivre ensemble', ce qui entraîne 'une réalité faite de hasards, d'accidents et d'improvisations' qui minimise la volonté colonisatrice de l'impérialisme français. On trouvera étonnant l'argument qui consiste à dire que l'échec de la scolarisation en Algérie fut la conséquence du 'refus des musulmans d'envoyer leurs filles à l'école'. On regrettera la caricature des positions des communistes français, présentés comme 'ayant attendu la reconnaissance de facto du FLN par Moscou à la fin de 1960 pour s'engager en faveur de l'indépendance'. Ce n'est pas ignorer les engagements d'autres formations, que de rappeler qu'il y eut d'autres manifestations de masse que la soirée de l'UNEF à la Mutualité en octobre 1960. L'ignorance de l'activité communiste en direction du contingent est particulièrement regrettable. Pourtant, on ne contestera pas l'utilité de ce livre, évoquant la révolte de Mokrani 'écrasée par les Versaillais', l'accaparement des terres, la 'ratonnade déshonorante' d'octobre 1961 sous les ordres de Papon, le massacre de Charonne.
Il manquait, pour une connaissance de cette guerre par les nouvelles générations, un petit livre de ce type, remarquablement illustré et qui a le mérite de présenter également une chronologie de la colonisation à la fin de la guerre. "
CLAUDE LECOMTE.
dimanche, 04-Déc-2005 11:43 AM
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