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Tous ces poèmes sont d'Alexandra

Une poignée de terre !

Un peu de terre de mon jardin
S’en est allée vers l ’algérie !
Un peu de terre de mon jardin,
Un morceau de ma douce patrie,

Qui va rejoindre enfin
Ce chaud et bien aimé pays
Pour lequel bat mon cœur ,
Et vibre toute ma vie !

Un peu de terre de mon jardin !
C’est toi, l’algérien, le kabyle,
C’est toi mon messager !
C’est toi mon jardinier !

Je rêve que tu fais naître
Dans un coin de ta belle algérie,
Une fleur colorée issue de mon pays !
Je te donne ma terre !


Tiens, prends-la, elle est à toi…
…Autant qu’à moi !
Et pour nos deux pays
Rêvons l’impossible !


Rendons enfin réelle
Cette tendre folie :
Un seul et même jardin,
Un arbre immense ,


Arbre de la fraternité !
Un pied en France …et l’autre en algérie !
Une seule et même terre…
Nous serions enfin réunis…

Je me suis remplie de ton Algérie….

Je suis arrivée vide,
Dans un pays qui m’a fait déborder !
Je suis arrivée vide !

Sur les pentes du djebel mahmal,
Je me suis assise sur un tapis
D’herbes folles et vertes !

Les coquelicots rouges,
Les chardons jaunes,
Les mauves bicolores,

Des taches blanches ,roses ,violettes ,dorées
Qui explosaient à perte de vue…
J’ai fait le plein de couleurs !

Cheveux dans le vent,
Caresse d’un printemps algérien !
Je respire….

Le grillon timide
a chatouillé mes oreilles,
Le torrent fougueux et frais
A inondé mon esprit…

Des cigognes , clins d’œil alsaciens, m’ont craqueté des chansons algériennes,
J’ai fait le plein de silence !
Couchée dans cette verdure éclatante

J’ai fait le plein de vie,
J’ai fait le plein d’humanité,
J’ai fait le plein de saveurs simples…
Et je suis revenue
Dans mon lointain pays
Débordante de ta si belle algérie !

RHOUFI

Djebels bronzés, chauds, arides,
Inertes et bruts…
Soleil au zénith !
Léchant et asséchant
Sans pitié
Quelques touffes jaunies
Qui vivotent avec peine…
Une route qui nous embrume
D’un nuage de poussière…
Un souffle chaud brûle nos poumons,
Nos gorges sèches souffrent en silence,
Peaux tannées , ruisselantes de sueur
Avides de fraîcheur…
Descente vers l’inconnu…
Descente aux enfers ?…

Stupeur….
Etonnement…
Mirage ?

Tels les mâts d’un navire esseulé,
Des palmiers à perte de vue
Pointent leurs feuilles vivantes et vertes
En direction de la céleste fournaise !
Sautant de roche en roche,
Une onde sauvage et limpide
Arrose les racines de ces monstres verdoyants !
Une bruine rose
Parsème de parts et d’autres
Les berges de cet oued déchaîné !
La faim tenaille nos estomacs,
Lever la main…
Et…cueillir !
Abricots veloutés dorés par le soleil
Citrons lisses , juteux et pimpants
Amandes timidement cachées dans leurs coques
pastels tendres !
Des figues de barbarie nous menacent
De leurs piquantes bogues,
De petits raisins se gavent de nature
Afin d’éclater de saveur d’ici quelques semaines,
Des figues vertes, des figues violettes,
Peaux mates et douces,
Chairs pulpeuses et sucrées !
La soif est notre fidèle et imperturbable compagne,
Lever les yeux…
Et…boire !
Boire , boire, boire !
Des stalactites translucides
Laissent tomber des perles savoureuses
Sur nos lèvres desséchées!
La terre hostile là-bas
Est creusée ici d’un lagon de pureté inespéré…

Assise sur un rocher dénudé
Surplombant cette travée paradisiaque,
Je m’abreuve de ces couleurs hors du temps !
Je respire cette sécheresse envoûtante !
Je caresse cette terre vivante !
J’écoute ce silence libérateur qui m’encercle !
Je savoure ces fruits interdits !

Où suis – je donc ?
Mais oui…
Je sais….
J’ai trouvé !
Sérénité, douceur,
Eternité, paix , calme,
Esprit et cœur remplis !
Le paradis sur terre…

RHOUFI !
Merci mon Dieu, merci !

Petite gazelle

Petite fille aux cheveux noirs de jais,
Petite gazelle aux yeux marrons foncés ,
Petit trésor de grâce et de délicatesse,
Petite fleur à peine éclose,
Pure , naïve, enjouée, nature…

Profite de ton enfance…
Cours, danse, ris, chante !
Cueille-toi des figues sucrées
Et mange –les !
Trempe tes petits pieds rugueux
Et Attrape des grenouilles
Dans les flaques des oueds presque assoiffés !
Suce des grappes de raisin
Gorgées de saveurs succulentes !
Prends le temps de regarder les chèvres
Qui fouinent pour trouver les herbes les moins séchées !

Petite gazelle,Tu as le temps de grandir !
Tu as le temps de vieillir !
Ne croque pas trop vite toutes ces trop courtes années….
Ne t’ empresse donc pas de ressembler à ta maman
O ! combien aimée !

Chaque jour,
Chaque soir,
La courroie du jerricane
Servant à porter l’eau
Saura bien assez tôt…Hélas…
.Marquer à jamais tes tendres épaules….Et sans fin

Sans répit
Les blessera profondément
Pour le restant de ta pénible et éphémère vie….

Femmes des aurès

Des perles de couleurs
é maillent les ocres désertiques et arides
Des montagnes aurasiennes…

Telles des bruines multicolores
egayant les rochers,
Ourlant les berges des oueds asséchés,

Courant le long des pistes poussiéreuses et brûlantes…
Bêtes de somme ?
Taillables et corvéables à souhaits ?
Muettes ,silencieuses ,têtes baissées…
Courbées sous le poids des fardeaux
Qui font ployer leurs frêles épaules…

Elles sont lumineuses de courage,
Dégoulinantes de labeur !
Des bribes de peau tannées par les ardeurs d'un cruel soleil
,Des cheveux lisses , brillants, noirs et soyeux
Ou des boucles sauvages dégoulinant sur leurs cous laiteux,
Toisons si douces ,
Cachées des yeux du monde,
Jalousement préservées pour l’homme
qui un jour rythmera leur vie !
O combien fières, maternelles et rayonnantes,
Lorsqu’elles portent au creux de leurs reins alourdis
L’avenir de leur si beau pays ,
hélas pourtant si durement meurtri…

C’est sous les pieds de ces mères
que se trouve le paradis…..

VIVRE

Toi qui court après le temps !
Toi qui poursuit l’argent !
Toi qui te plains sans cesse !
Toi dont le sourire a délaissé les lèvres !
Toi dont les soucis peuplent le plus clair de ta vie…

Regarde donc autour de toi !
Pourquoi courir après des valeurs futiles ?
Pourquoi vouloir remplir ta vie
De mirages inutiles ?

Sais –tu encore t’asseoir sur la terre
A l’ombre d’une vieille ferme en pierre
Léchée par un soleil brûlant ?

Sais-tu encore tremper tes lèvres
Dans un bol de lait fermenté
Fleurant si bon la vache à tes narines occidentales ?

Sais-tu encore partager ce pain de semoule
Rond , chaud et croustillant
que l’on te tend sans contre-partie ?

sais-tu encore écouter l’inconnu
te parler de sa vie,
t’accueillir sans questions,
te recevoir sans conditions,
t’accepter tel que tu es ?

sais-tu en fait encore ce que c’est que la vie ?

PRINTEMPS

Algérie,
Regarde ta terre craquelée de douleurs…
Tes montagnes hantées d’esprits maléfiques…
Tes rivières inondées de sang…

Algérie…regarde !
Le printemps est là !
La pluie et la neige ont fait revivre tes entrailles !

De ta terre meurtrie
Sont sorties des milliers de couleurs ,
Un arc en ciel de fleurs parsème tes prés verdoyants,

Une eau glacée et pure coule au creux de tes oueds,
Tes sommets rêvent enfin de se soulever
Contre les satans égorgeurs qui s’y cachent…

Bats-toi mon algérie !
Que ces couleurs chatoyantes
Que j’ai découvertes sur les flancs

De tes djebels lavés de soleil,
Submergent enfin l’esprit et le cœur de ton peuple !
Que la vie revienne…

Paisible et chaude,
Simple et attrayante,
Fraternelle et insouciante !

Algérie,
C’est mon seul et unique souhait !

juillet 16, 2006 10:20 AM

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